Le terrorisme entre la fiction et la vérité

Le terrorisme entre la fiction et la vérité

of-Saudi-Arabian-Wahhabists

Par Chérif AMIR

Les actes jihadistes qui ont frappé l’aéroport d’Ankara en Turquie et, quelques jours après, un poste de sécurité à proximité de la mosquée du Messager de l’Islam à Médine, en Arabie Saoudite, pendant le mois de Ramadan (le plus saint du calendrier musulman), ont bien évidemment constitué un sacrilège aux yeux du monde musulman.

Officiellement, à l’heure actuelle, l’Etat Islamique est pointé du doigt par les autorités des deux pays et leurs médias respectifs.

Mais il est aussi bien connu que ces deux pays sunnites ont soutenu, financé, armé et entraîné les jihadistes de l’Etat Islamique en Syrie afin de renverser le régime Alaouite, pro-iranien, de Damas. Alors, comment les militants de ce groupe ont-ils pu mener de telles opérations sur le sol des pays qui les soutiennent ? Et surtout, pourquoi ?

La réponse réside dans la divergence entre les intérêts géopolitiques de Riyad et d’Ankara. Le président turc, Recep Tayyep Erdogan, a finalement pris conscience que la règle du jeu en Syrie avait changé, que l’intervention russe dans ce pays sinistré avait véritablement bouleversé les données sur le terrain, et que les Etats-Unis n’avaient pas l’intention de se lancer dans une aventure militaire contre la Russie à ses côtés. L’agression par l’armée de l’air turque d’un avion de chasse russe, le 24 novembre 2015, dans l’espace aérien syrien, a été une énorme erreur géopolitique. Il a été vivement conseillé au dictateur turc de se réconcilier avec le leader russe.

Le rapprochement d’Erdogan avec son homologue russe, Vladimir Poutine, et les excuses turques présentées à la famille du pilote ont toutefois constitué un choc pour les Saoudiens, qui ont engagé une politique d’inimitié à l’encontre de Moscou, d’ailleurs manipulée par Washington. Ceux-ci n’ont pas tardé à marquer leur mécontentement : c’est dès le lendemain de ce rapprochement entre la Turquie et la Russie qu’est survenu l’attentat à l’aéroport d’Ankara qui a coûté la vie à quarante-deux personnes.

Même avec leurs supposés alliés, comme la Turquie d’Erdogan, les Al Saoud wahhabites traitent les affaires géopolitiques par le sang et les pétrodollars. Ainsi Riyad songe-t’elle à s’imposer dans ce nouveau Moyen-Orient, en convertissant des territoires à l’Islam wahhabite intégriste, par le biais des jihadistes de l’Etat Islamique (EI), comme en Irak, en Syrie et au Yémen, ou par l’afflux de pétrodollars, à l’instar de ce qui se passe au pays des Pharaons.

Lorsque les jihadistes de l’Etat Islamique frappent le sol saoudien, ils ne font couler que le sang de la communauté chiite du royaume ; mais cela ne contredit pas la philosophie des Al Saoud. Pour autant, l’attaque perpétrée par l’EI à Médine n’a pas vraiment été marquée par la férocité de celles qui ont eu lieu cas à Paris, Bruxelles, Florida ou Ankara : seulement deux policiers saoudiens ont péri, ce qui laisse à s’interroger sur la volonté de Riyad à se poser comme une victime du terrorisme. Surtout quand cet attentat fictif survient après le massacre de 292 Irakiens chiites en Irak, dans le quartier de Karrada…

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