Fillon et la stratégie de la choc…” à la Trump”.

Fillon et la stratégie de la choc… “à la Trump”.

Dr.Chérif AMIR

Mars 2017

La déclaration du candidat de la droite et du centre, François Fillon, dans « L’Emission politique », du jeudi 23 mars, sur France 2, selon laquelle François Hollande animerait un « cabinet noir » contre sa personne, a choqué les médias et les commentateurs politiques. C’est une stratégie déjà adoptée par le Président américain Trump à l’occasion de sa campagne électorale contre Hillary Clinton.
Si l’on revient en arrière dans le temps, au mois d’octobre 2016, on se rappellera que, lors du dernier débat télévisé opposant le candidat républicain, Donald Trump, et sa concurrente démocrate, Hillary Clinton, le premier apparaissait assez déstabilisé par les accusations médiatiques portées contre lui, ce que les sondages montraient bien. Trump, le dos au mur, devait utiliser tout son arsenal pour ne pas perdre la course à la Maison Blanche. Il fit alors une déclaration qui choqua tous les Américains, et pas seulement les médias, selon laquelle les élections auraient été truquées pour le compte d’Hillary Clinton. Surprise par cette stratégie « trumpienne », la candidate démocrate déjà affaiblie par des affaires de corruption et de négligence, n’a pas réussi à neutraliser les attaques de son adversaire, et beaucoup des électeurs américains ont été convaincus de la véracité des accusations portées contre elle. Donald Trump réussit alors à déstabiliser le camp adverse, voire à le vaincre et à gagner son pari.
En France, François Fillon a recouru à son arsenal “nucléaire” pour se défendre, en mettant en cause directement le président de la République. Mais l’utilisation de cette arme n’a pas nécessairement été une option décisive comme cela a pu être le cas avec Trump, pour les raisons suivantes.
1) François Hollande est aujourd’hui politiquement “mort”. Il n’est même pas engagé dans le jeu électoral. François Fillon n’a donc pas vraiment réussi à fragiliser l’un de ses plus dangereux “adversaires”.
2) Fillon n’a pas qu’un seul adversaire, mais plusieurs, et le plus dangereux n’est pas Benoît Hamon, candidat du parti socialiste auquel appartient Hollande, mais plutôt Emmanuel Macron. La question se pose donc de savoir qui était véritablement la cible des « tirs » de Fillon.
3) Les Français ordinaires, les électeurs, n’ont pas vraiment été choqués par la déclaration de François Fillon. Dans leur majorité, il savent très bien que le système politique, partial, immoral et corrompu, est désormais en faillite. Une telle accusation n’a donc surpris personne, à l’exception des médias et des commentateurs qui y ont trouvé une sorte de rebondissement dans une campagne électorale plutôt amorphe.
Au total, François Fillon n’a pas pu vraiment reproduire en France les recettes qui ont porté Donald Trump au pouvoir. Ce dernier, en semant le doute chez les électeurs et en remettant en cause la « démocratie » américaine toute entière, a pris une initiative audacieuse et vraiment inédite dans une démocratie occidentale, ce que Fillon n’a pas vraiment fait… surtout dans la mesure où il fait partie du système.
La seule chose positive pour Fillon est d’avoir souligné son statut de victime d’une méthode de destruction systématisée et bien calculée pour réduire en cendres ses chances de gagner la course à l’Elysée.
Une fois de plus, Emmanuel Macron apparaît gagnant, lui qui n’est apparemment pas concerné par les manœuvres d’un « cabinet noir » et n’est pas contraint de passer à la défensive. Une preuve de plus que le système des élites est en train de paver la route à une présidence Macron.

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